Essais
Multicoques Mag

Hobie FxOne
Hobie Fox

LE HOBIE CAT FX ONE

Le cata qui donne envie de naviguer…

TEXTE HERVÉ LURTON

Qui ne connaît pas Hobie Cat Europe, premier fabricant mondial de catamarans de sport ? Depuis 26 ans, l’usine française basée à Toulon est la référence en la matière. La gamme de produit, déjà riche de 25 modèles de catamarans vient de s’étoffer d’une unité supplémentaire : le FX one.

Découvert à l’occasion du salon nautique de Paris, son look avant-gardiste et ses lignes originales nous ont largement donné envie d’en réaliser l’essai. Le rendez-vous était donc pris à l’occasion de l’Eurocat en baie de Quiberon le week-end du 1er mai.
Alors que les concurrents étaient partis en raid dans le golf du Morbihan, le FX one nous attendait, déjà prêt, sur le parking à bateaux de Carnac. Facile à repérer de loin avec sa grand-voile jaune, c’est surtout sa plate forme et ses formes de coques qui attirent l’œil quand on s’approche. On pourra dire qu’on aime ou qu’au contraire qu’on n’aime pas… Il faut admettre que le design particulier du FX one ne laisse pas indifférent. Bien que déjà mis en condition par les formes de son grand frère le Fox, la faible hauteur des étraves et leurs brions inversés donne un look racé et « perce vague » qui donne franchement envie d’aller tirer quelques bords. Ca, c’est la première impression. Puis, juste après s’être un peu habitué aux formes, il y a une chose qui saute aux yeux, c’est le côté « vide » du trampoline. Le bateau à beau être prêt, tout gréé, à aller sur l’eau, il n’y a en tout et pour tout que deux bouts qui traversent le trampoline : le bout de rotation du mât et le bout de Cunningham. Rien d’autre. C’est un cat-boat, un solitaire. Pas de foc, pas de spi (sur la version essayée), donc rien sur le trampoline, ni bout, ni sac, ni drisse. Seulement deux câbles de trapèze et un palan de grand voile. Autant dire qu’on ne risque pas de s’emmêler les pieds ou de se perdre dans les réglages. Pourtant tout ce qu’il faut est là.

Enfin, au troisième coup d’œil, on s’aperçoit que tout l’accastillage et l’équipement des autres bateaux Hobie a été adapté au FX one. Le mât, les safrans, les poutres, les dérives, tout est familier. Une chose est sûre avant d’aller sur l’eau : on n’aura pas de problèmes matériels.
L’ensemble de la plate-forme et du gréement est très propre, la fabrication et surtout la finition ont été particulièrement soignées. Pourtant ce bateau a déjà navigué plusieurs fois, mais rien n’a bougé, il est comme neuf.

A propos du soin et du souci du détail bien fait, on trouve dans chaque angle de fixation avant du trampoline un petit transfilage en vectran qui a pour fonction de mieux tendre le trampoline à ses extrémités. Le trampoline tombe d’ailleurs comme un gant : pas un pli. Il y a aussi un autre détail qui attire l’attention et qui rassure : l’étrier de rotation du mât est fixé en pied de mât juste au-dessus du trampoline. Il n’est pas agressif et vu sa hauteur, il sera impossible de se le prendre dans les genoux aux virements de bords.

En tenue, on y va, et premier contact avec la navigation en solitaire. Fini les problèmes d’équipiers, besoin de personne pour aller naviguer, libre comme l’air quoi ! Après avoir descendu seul le bateau jusqu'à la rive (il est léger : 125kg), nous rencontrons un premier souci, comment font les solitaires pour remonter leur remorque de mise à l’eau. Faut-il poser le bateau sur le sable quitte à le traîner ensuite pour terminer de le mettre à l’eau, ou faut-il le poser dans l’eau avec les étraves sur le sable au risque de le voir partir seul avec le vent ? Il faudra poser la question aux habitués du solitaire, laseristes, finnistes etc…

Départ de plage vent arrière, grand voile choquée, safrans à moitié baissés et dérive sous le vent à moitié engagée. Il y a un peu plus de 15 nœuds, le vent est orienté Sud Est, le temps est couvert. Après s’être écarté de la plage, on (moi et le bateau) verrouille les safrans sans aucun problème, on pré-règle le Cunningham et la rotation du mât et on sort au trapèze pour partir sur un reaching.

Le bateau est puissant, je me fais surprendre par la vivacité de l’engin qui répond instantanément aux modifications de l’angle de barre. Le FX one à l’air déjà, alors qu’on est à peine parti, très vivant. Après avoir affiner le réglage du Cunningham sans descendre du trapèze, et aussitôt la grand voile bordée, le FX one accélère à fond. Surprise, je n’ai pas besoin de me reculer sur la plate forme, les étraves, qui à terre ne me paraissaient pas très hautes, sont largement au-dessus de l’eau. Il y a même presque cinquante centimètres de la longueur du bateau à l’avant qui ne touche pas l’eau. Je ne risque pas l’enfournement, donc je borde encore plus. Le bateau est extrêmement agréable, très rapide et très évolutif. Je sens qu’on va passer un bon moment ensemble. Au loin, il y a les premiers concurrents du raid qui rentrent sur Carnac au près bon plein, je ne peux pas m’empêcher d’aller vers eux les saluer et éventuellement les accompagner un peu. Virement ultra rapide, presque trop pour moi… Étonnant pourtant, il n’y a pas de foc. Bref, j’ai un des cinq premiers concurrents qui est juste à mon vent, c’est un HC Tiger, je remonte 20 centimètres de dérive sous le vent et me cale sur sa direction tout en essayant de ne pas me faire couvrir (sans le gêner). Re-surprise, le Fx One tient la cadence, mieux même, je le dépasse. Mon bateau est plus rapide à cette allure et dans ces conditions. A l’approche du port de Carnac, je rentre du trapèze et j’abat. Empannage, ça passe tout seul. De toute manière, la petite bôme cylindrique, même s’y elle ne plie pas sous pression au près, ne me ferait pas franchement mal si je la prenais dans la tête à l’empannage. Je repars, cette fois plus abattu, pour un bord de « bootherie » à l’intérieur du bateau.

Rotation lâchée, un peu de bordure aussi et chariot presque dans l’axe. C’est un vrai bonheur, le FX one est vraiment excitant et très amusant. Il réagi instantanément et est très vif à la barre. Un demi mille plus loin et beaucoup de plaisir plus tard, je me laisse quand même surprendre par une risée et enfourne les deux coques jusqu’à la poutre. Moi qui n’avais pas envie de faire le test du resalage, j’ai cru un quart de seconde que j’y aurais droit quand même. Au lieu de ça, les fines étraves sont ressorties de l’eau aussi vite qu’elle y étaient entrées, probablement grâce au fort volume qui se trouve dessous à environ 1 mètres de l’avant. Vous l’aurez compris, je ne ferais pas le test de resalage cette fois-ci. J’ai par contre été assuré par les dirigeants de HC Europe que le mât était étanche et que redresser le bateau ne posait pas de problème particulier. Pour les petits gabarits, vous pourrez certainement adapter un kit de redressement pour plus de sécurité.

Retour au près, quelques virements rapides, le Fx one est facile à conduire, véloce, stable et équilibré. Le bout de cunningham est repris sur le câble de trapèze et contrôler la puissance est aisée. Il n’y avait pas au près de référence possible de vitesse, mais nous avons entendu parler d’un passage au vent en tête du Fx One dans une des manches de la veille devant les F18 et 20 pieds. Il me paraît également facile d’accès pour les débutants, mais saura combler de plaisir celui ou celle qui voudra lui « tirer dessus ».

Promenade, ballade, raid ou régate, seul, en couple ou en famille, le FX one possède un programme d’utilisation assez vaste et un potentiel de performance élevé.
Le nouveau né de la famille Hobie Cat est une réussite.